A ma soeur

A ma soeur

Par Mariana Alba de Luna

Claudia

Claudia

Ma très chère 
et tendre soeur Claudia, 
si douce, 
si fragile, 
si forte, 
si silencieuse.

Tu est un regard sur le monde, 
un sourire sans nom pour ce et ceux que tu aimes. 
Des vibrations d’une âme qui résonne 
avec les petites choses essentielles du vivant, 
que nous avons oubliés.

Tu me manques.
Je ne t’oublie jamais.
Je garde la trace de tes petits pieds
sur mon chemin,
je garde le fraiche souvenir 
de tes doigts de cristal sur ma peau,
de tes cheveux ébouriffés de joie
et tes yeux mi-clos dans la pénombre
de notre maison 
pleine d’enfance.

Je garde avec moi tes cris 
et tes déambulations nocturnes
qui m’éveillent.

Tu est une goutte de pluie,
silencieuse, nécessaire et fragile.
Tu fais le monde exister
dans mon coeur
dans mes yeux, 
dans mes mains
parfois si vides
de toi.

Sans toi 
les choses
sont mortes.

Le monde te fait exister,
le monde te traque,
le temps reste abolie,
mais pas les choses
mais pas toi.

Le monde tu le tiens dans tes mains
comme cette pelote ronde
prête à exploser, 
et prête à te garder dans son refuge
s’il le faut.
Tu la contiennes, elle te maintiens 
autant que tu lui appartiens.
Le premier qui rira
aura sa claque
la vie s’en chargera.

Ma chère et tendre soeur Claudia, 
tu est la rose bleue de mon enfance,
le vent fou de ma jeunesse,
la paix et la sérénité
de pouvoir encore t’aimer 
dans mes vieux jours 
incomplets
sans toi.

—-

Mi querida 
y tierna hermana Claudia,
tan dulce,
tan frágil,
tan fuerte,
tan silenciosa.

Eres una mirada al mundo,
un sonreír incomparable para lo que amas 
y los que amas,
las vibraciones de un alma que resuena
con las pequeñas cosas 
esenciales de la vida
que nosotros hemos olvidado.

Te echo tanto de menos.
Nunca te olvido.
Guardo la traza de tus pequeños pies
en mi camino,
guardo el recuerdo fresco
de tus dedos de cristal
sobre mi piel,
tu alegre pelo alborotado
y tus ojos medio-cerrados en la oscuridad
de nuestra casa llena de infancia.

Guardo conmigo tus gritos
y tus andanzas nocturnas
que me despiertan.
Eres gota de lluvia,
silenciosa, necesaria y frágil.

Tú haces que exista el mundo
en mi corazón
en mis ojos
y en mi manos
a veces vacías de ti.

Sin tí,
las cosas 
están muertas.

El mundo te hace existir,
el mundo te persigue
y acecha.
El tiempo queda abolido,
pero no las cosas,
pero no tú.

El mundo lo sostienes entre tus manos
como esa pelota redonda
lista a explotar, 
y lista a guardarte en su guarida
si es necesario.
Tú la contienes,
ella te mantiene
tanto como le perteneces.
El primero que ría
le abofetea
la vida.

Mi querida tierna hermana Claudia,
eres la rosa azul de mi infancia, 
el viento loco de mi juventud,
la paz y la serenidad
de poder aún ser capaz de amarte
en mis viejos dias
incompletos
sin tí.

 

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« La main à l’oreille » a été créée par des parents et amis de personnes autistes, avec pour objectif de promouvoir une approche qui prenne en compte leur subjectivité et accueille leurs inventions. Nous considérons qu’une place doit être faite, dans la Cité, au mode d’être autistique, sans se référer à une norme sociale ou comportementale. Dans l’éventail de leurs expressions, les autistes nous montrent qu’aucune personne autiste n’est pareille à une autre, comme il en est pour tout un chacun. Ils confirment ainsi que l’autisme, inséparable de la personne, ne la résume pas. Nous souhaitons en témoigner dans notre association.
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