La main à l’oreille de passage à Bogota !

A l’occasion de La Semaine de l’Autisme à Bogota qui aura lieu du 1er au 6 août 2015, deux films soutenus par La main à l’oreille seront projetés : Le ciel est bleu parce que la nuit est éteinte, de Violette Aymé et Sa normalité, d’Eugénie Bourdeau. Une petite exposition des dessins des enfants filmés, Mahé et Lucile,  aura lieu parallèlement aux projections.

Lien du site Infancia y juventud http://infanciayjuventud.co

Le ciel est bleu parce que la nuit est éteinte, de Violette Aymé 

Le ciel est blue 300« Mon film raconte une histoire et ne traite pas dʼun sujet. Il raconte lʼhistoire dʼune rencontre entre Mahé, petit garçon singulier et moi-même tout dʼabord baby-sitter puis réalisatrice. Ce quʼon sʼobstine à nommer «documentaire» est pour moi lʼart de la rencontre. Jʼai commencé à filmer mes moments de baby-sitting dès le début sans but précis avec la webcam de mon ordinateur. Ce nʼétait pas de lʼautisme de Mahé dont ces images parlaient mais bien de la rencontre de nos deux singularités et ce que nous nous apportions lʼun lʼautre. » 

Violette Aymé, réalisatrice

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« Mi película cuenta una historia y no trata de un tema. Relata el encuentro entre Mahé, un niño muy singular, y yo, primero niñera y después realizadora. Lo que obstinadamente nombramos « documental », es para mí el arte del encuentro. Sin saber de ante mano que haría con ello, empecé desde el inicio, a filmar con la cámara web de mi computadora esos momentos de niñera junto a Mahé. No es del autismo de Mahé que estas imágenes hablaban, sino del encuentro entre nuestras dos singularidades y de lo que cada uno podía aportar al otro « .Violette Aymé, realizadora, directora de la película.

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« Le ciel est bleu parce que la nuit est éteinte est une phrase que Mahé a prononcée en regardant par la fenêtre lors d’une séance chez son psychanalyste. Ce film est réalisé par Violette Aymé, dans le cadre de sa dernière année d’études de cinéma alors qu’elle s’occupe de Mahé  depuis 6 ans. Il est un éloge à leur rencontre unique et témoigne d’un façon toute poétique de l’aventure quotidienne dans laquelle chacun d’eux se retrouvent pour construire un îlot hors d’un monde trop normé. » 

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Alexandra Dauplay-Langlois, mère de Mahé Langlois

« El cielo es azul porque la noche está apagado » es una frase pronunciada por Mahé mirando por la ventana en una sesión con su psicoanalista. 

Esta película está dirigida por Violette Ayme, como parte de su último año de estudios de cine mientras se encarga de cuidar a Mahé desde hace ya 6 años. Se trata de un homenaje hecho a su encuentro, único para ambos. Refleja de una manera particularmente poética, la aventura diaria en la que se encuentran para poder construir un refugio, un espacio fuera de un mundo demasiado normativo (tan regido por la norma) ».

Alexandra Dauplay-Langlois, madre de Mahé Langlois

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Pour Mahé et VioletteCapture díÈcran 2015-07-08 ‡ 13.01.53

« Le Ciel est bleu parce que la nuit est éteinte », nous laisse entrevoir la rencontre lumineuse entre un garçon dit autiste et une jeune fille dit artiste de l’image, cinéaste. Deux créateurs qui font avec le cadre et la limite, pour trouver une issue à la frustration qui les pousse tous deux vers le besoin de création. Création de quoi ? D’une place parmi les autres, une place singulière. L’un est consideré par la société de la norme comme un enfant hors cadre. L’autre, decide de s’affranchir et chercher sa liberté en dédiant sa vie professionnelle au cadrage, mais des images. C’est le point de leur rencontre. 

L’enfant, Mahé, trouve ainsi un lieu dans le regard de Violette, la baby sitter qui se laisse intriguer, sensible à la différence. C’est une chance pour chacun d’eux cette aventure, qui va leur laisser une trace indélébile. Une condition reciproque est respectée : «Je te permets de rentrer dans mon jeu, si tu n’interviens pas, ainsi je me pourrait me nourrir de ta présence.» L’enfant veille à que la jeune fille inexperte du réel, ne tombe pas dans les trous noirs de l’existence. Il la rassure lui disant «nous allons faire semblant, ne t’inquiète pas.» La baby-sitter se sent alors indispensable,  responsable. Elle vient le visiter chaque jour comme au Petit prince, jusqu’à se faire apprivoiser tous deux. 

Tout cela n’est pas du cinéma, c’est la vie qui se met tout à coup à battre de ses propres ailes et à les attraper en plein vol ! La beauté surgit, un nouveau regard aussi. Nous sommes les témoins heureux de ce doigt levé avec force contre la surdité des autres. Mahé et Violette se bricolent une vie en résonance avec la bataille quotidienne des parents del l’enfant, une bataille contre la norme et pour la singularité. Les mots choisis sont leur arme à tous, le reste arrive direct en plein coeur du spectateur. Ce film est le miroir de leur âme conjointe, il donne avec élégance la parole à cet enfant qui à l’aide de ses personnages et avec sa voix, proclame son droit : « J’ai envie de dire ce que je veux dans ma vie à moi. » « J’ai negocié de virages pendant toute la vie. Mais malheureusement il fallait qu’un jour je tombe en panne en pleine nature de mer. L’histoire en fait, est que depuis que je suis atterrit ici, je suis tombé en panne, donc du coup j’étais mal garé. Dépanné, un treuil est venu m’advertir que je suis mal garé. Il m’a accroché à sa grue. Voilà tout ! Au vrai film les amigos ! Ciao amigos ! » 

Mariana Alba de Luna

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Pour Mahé y Violette

« El cielo es azul porque la noche está apagada », nos permite vislumbrar el encuentro luminoso entre un niño llamado autista y una joven llamada artista de la imagen, cineasta. Dos creadores que hacen con el encuadre y los limites para encontrar una solución a la frustración que les impulsa a ambos hacia la necesidad de la creación. ¿Crear qué? Un lugar entre los otros, un lugar singular. Uno, es considerado por la sociedad de la norma como un niño fuera de limite. El otro, decide emanciparse y buscar su libertad dedicando su vida profesional a encuadrar, pero las imágenes. Este es el punto de su encuentro.

El niño, Mahé, se aloja en la mirada de Violeta, la niñera quien sensible a la diferencia se deja intrigar. Esta aventura es una oportunidad para ambos, una suerte que les dejará huella imborrable. Una condición reciproca es respetada : « Te autorizo a entrar en mi juego si no intervienes, pues así, podré alimentarme de tu presencia. » El niño se asegurará de que la chica inexperta de lo real, no caiga en los agujeros negros de la existencia. Él la tranquiliza diciendo :  « Vamos a pretender ser, no te preocupes. » La niñera entonces se siente responsable, e indispensable. Ella viene a visitarlo todos los días como al Principito, hasta que se domestican mutuamente.

¡Todo esto no es una película, es la vida que de repente comienza a latir por sí misma y a atraparlos en pleno vuelo! Surge la belleza y una nueva mirada también. Somos testigos de ese dedo honorífico levantado con fuerza contra la sordera de los otros. Mahé y Violette se bricolan  una vida en resonancia con la batalla diaria de los padres del niño, una batalla en contra de la norma y por la singularidad. Las palabras elegidas son las armas de todos ellos, el resto llega directo al corazón del espectador. Esta película es el espejo de su alma conjunta. Da con elegancia, voz a este niño quien apoyado de sus personajes y de su propia voz, proclama su derecho: « Quiero decir lo que yo quiero en mi vida mía. He librado demasiadas curvas durante toda la vida. Por desgracia, tuve un día que descomponerme en medio de la naturaleza de mar. El hecho, la historia es que desde que aterricé aquí, me averié, me descompuse. Entonces de repente, estaba mal estacionado. Reparado, un Remolque vino a advertirme que estaba mal aparcado y me colgó a su grúa. ¡Eso es todo!¡ Nos vemos en el cine de verdad amigos ! ¡Ciao amigos ! « 

Mariana Alba de Luna

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Sa normalité, d’Eugénie Bourdeau


Lucile 300 » A l’âge de 4 ans, Lucile endossait officiellement le rôle de l’autiste. La même année, naissaient ses personnages de papiers, en devenir de toute une Tribu, acteurs aujourd’hui de nombreuses expositions qui la consacrent artiste.

C’est derrière l’œil de la caméra de sa mère que nous entraîne ce film. Là où ça se cache, où ça cherche, là où ça observe, où ça se questionne et ça veut comprendre.

Au fil des traits et des années, se dessine un chemin tracé à 4 mains. « 

Eugénie Bourdeau, réalisatrice et mère de Lucile Notin-Bourdeau

Photo Jaquette (voiture) » A la edad de 4 años, Lucile empezó a cargar oficialmente con el rol de « autista ». El mismo año, nacieron sus personajes de papel, que se convertirían en toda una tribu, actores ahora de multiples exposiciones que la han consagrado artista. Es detrás del ojo de la cámara de su madre, que esta película nos jala a situarnos. Ahí donde se esconde, ahí en donde se busca, donde se observa, se pone en duda y se quiere entender. Al filo de los años y de los trazos, se dibuja un camino hecho a cuatro manos. »

 Eugénie Bourdeau, realizadora, directora de la película y madre de Lucile Notin-Bourdeau

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« Sa Normalité » est un documentaire-portrait de Lucile réalisé à partir de moments de vie filmés entre ses 2 et 11 ans.[…] Depuis toute petite Lucile a un intérêt et une sensibilité certaine à ce qu’on nomme les Arts. Elle aime la musique, chanter, danser, regarder ou plutôt vivre des histoires contées dans des films ou des livres mais plus que tout, ce qu’elle aime, c’est dessiner. Certainement un moyen évident pour elle de s’inventer ses propres histoires où se mêlent ses émotions, ses expériences et celles dont elle est témoin dans un langage visuel sans doute plus évident pour elle que l’expression orale (qu’elle pratique également mais avec moins d’aisance).

Lucile construit ainsi chaque jours en images les carnets de ses voyages entre deux réalités.

Photo Jaquette(dessin meĚre)Un jour de ses 9 ans j’ai décidé de montrer un dessin de Lucile sur les réseaux sociaux et l’engouement fut tel que j’ai continué. Il y a deux ans, l’occasion de faire sa première exposition s’est présentée naturellement à nous (le vernissage de celle-ci est montré dans le film)  et depuis elle en a fait 25 autres. L’auteur-illustrateur Claude Ponti a ouvert une salle spécialement dédiée à elle dans son musée interactif. […]

Le dessin est un espace de jeux pour Lucile et outre l’activité artistique, quasi professionnelle que ce passe-temps (ou cette auto-thérapie) est en train de devenir, je veille à ce qu’il reste un loisir, un lieu d’expression libre et qu’aucune attente ne lui soit formulée (oralement ou pas). Il serait intolérable de voir quelqu’un surgir dans une chambre pour dire à l’enfant comment il doit jouer et il en est donc de même pour le rapport intime que Lucile peut avoir avec son expression graphique.

Selon moi, au delà du handicap, l’autisme est aussi une singularité, une autre façon de vivre, de se vivre, une intelligence hors norme et le handicap tel que nous le percevons et certainement du aussi à notre incapacité à les comprendre.

Les personnes autistes sont certainement handicapés de notre propre handicap : la Normalité.

Qui sont les plus enfermés dans leur monde ?

Qui n’aime pas que l’on bouleverse ses habitudes ?

Qui ne veut communiquer que d’une seule façon ?

Qui sont les « Autistes » ? Eux ou nous ?

Photo Jaquette(neige2)Au premier abord Lucile est généralement perçue comme une personne ayant un retard mental (pour ceux qui ne connaissent pas l’autisme), inapte à se faire des amis ou à suivre une scolarité. À l’école on me disait même qu’elle ne savait pas dessiner parce que selon eux elle omettait parfois les yeux, la bouche, un bras… Et qu’elle refusait fermement d’utiliser les crayons qui lui étaient proposés pour préférer le stylo de la maîtresse.

Par chance, Lucile fait du dessin figuratif, des gens, uniquement des gens ce qui lui permet d’être entendue car cela nous parle, nous permet de nous rendre compte de sa lucidité, de sa cohérence, de sa sensibilité, en d’autres termes de son intelligence pourtant souvent mal jugée et mise à l’épreuve.

Mais si ses dessins avaient été plus abstraits, aurait-elle été entendue ? « 

Eugénie Bourdeau, réalisatrice et mère de Lucile Notin-Bourdeau

Programme de la Semaine de l’Autisme à Bogota

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