Troisième chronique de Joel

A l’époque où il a quitté le circuit scolaire obligatoire pour une structure dite de « transition école – métier », Joel a été bouleversé par ce passage à l’adolescence. Entouré d’autres jeunes au style très ado, il s’est senti vaciller dans ses identifications, ne trouvant pas le moyen de faire lien avec ses pairs. Mais ce sont surtout les propos de certains adultes, qui lui signifiaient que pour grandir il fallait qu’il lâche son imaginaire, qui l’ont ravagé. Pour devenir adolescent, doit-on « détruire son enfance » ?

Aujourd’hui, Joel traite ce ravage par une identification singulière à l’ado à travers son activité sur internet. Il visionne des vidéos de critiques de youtubers sur des dessins animés, des jeux vidéos, des films… Ce faisant, il tente de trouver un nouage entre l’étrangeté des modifications de son corps, les ressources de son imaginaire et les injonctions sociales des adultes. 

Cette troisième chronique témoigne magnifiquement de ce travail de recherche des plus sérieux.

Christiane Ruffieux

Je m’intéresse toujours beaucoup aux critiques (de films, jeux vidéos, humoristes etc) que l’on trouve sur le net. Voici ce que j’ai envie de partager avec les lecteurs de la Main à l’oreille.

Partie 1

Les adolescents

Logo de Joel

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Les adolescents ont tendance à être sombres, trop « dark », trop sérieux, trop violents dans leurs critiques. Ils n’ont pas assez d’humour. Moi aussi je suis comme ça : trop sérieux dans les combats face à un ennemi ! J’ai quand même beaucoup d’humour !

Je passe parfois des périodes « dark ». Certaines émissions sont pour moi traumatisantes (le traumatisme n’est pas que physique, il peut être psychologique). J’ai vu sur le net un reportage sur une recherche sur les émotions au Québec. On voyait certains qui dénigraient les étrangers, certains enfants dénigrés aussi.  J’étais torturé. Je m’identifie alors à Sasuke ou Naruto. 

Je suis aussi curieux de certains sujets qui me font peur. Les films d’horreur, les phénomènes paranormaux. J’ai besoin de regarder ça, j’apprends des choses mais c’est pas toujours cool. Je prends des précautions : je ne regarde ces sujets qu’en journée. Et wikipédia qui parle des films d’horreurs, c’est mieux que regarder les films eux-mêmes. J’ai la phobie du vide, alors je m’accroche à mon amie Suzanne (héros de Monstres contre Aliens). 

Les ados ont besoin de s’affirmer. Les provocations, c’est une manière pour eux de « poser leurs couilles », autrement dit de montrer qu’ils ne sont pas des faibles. Les ados ont besoin de bouc-émissaires : des personnages qui n’ont pas trop de chance dans la vie, qui ne prennent pas trop soin d’eux. C’est parce qu’ils sont eux-mêmes rejetés qu’ils rejettent ceux qui sont différents. Les ados sont aussi parfois un peu trop susceptibles. 

Les ados sont susceptibles de s’énerver trop vite, trop fort, ils sont rageux, égocentriques et partent dans des croisades faciles. Voire ils se délectent d’avoir une haine superbe ! La meilleure façon de partir en guerre peut être de les ignorer. Leur montrer qu’on n’est pas atteint par leurs paroles.

Moi je suis très sensible aux critiques, certains « fanboys » me font enrager. Dans leurs critiques, je sens un truc que j’appellerais une ambiance de moquerie, de dénigrement. D’autres youtubers ne me font pas du tout cet effet. Par exemple Brioche, Frigiel Linksthesun ou encore Successeurs de Disney. Ils ne sont pas du tout rageux. Ils ont des propos intelligents et un bon humour. Ils me montrent que les Disney peuvent être une source de paix. Je suis un ambassadeur de Dreamworks et je voudrais qu’on vive dans un esprit de paix, de douceur, un esprit démocratique.

Il y a une représentation de chaque peuple à l’ONU, où on parle des meilleures stratégies pour neutraliser un ennemi. L’ennemi est rageux. On peut éteindre le feu de leur rage en mettant des choses positives. Envoyer des bonnes critiques, ça peut être un bon moyen de contre-attaquer. Même si ça n’est pas toujours facile pour moi… M. Plouf, un critique de jeux vidéo, dit que certains youtubers ont la capacité de faire détester ce qu’ils aiment. Lui fait des critiques pleines d’humour.

Le plaisir d’un ado ça peut être de retrouver les dessins animés de son enfance. Moi c’est Samouraï Jack ou Les Super Nanas (entre autres). Personne ne peut détruire votre enfance, même avec des critiques sur vos films préférés.

Quand je passe une période « dark » je me dis « ça va passer ! » Les ados, amusez vous ! Ne vous laissez pas prescrire ce que vous aimez ou pas. 

Petite annonce 

Et si vous me permettez, je voudrais passer cette petite annonce :

Je cherche le titre d’une série (dessin animé) que je situerais dans les années 2005-2010 et qui passait le mercredi dans l’émission Tfou sur TF1.

Ni « Transformers », ni « Storm Hauk », ni « Hot Wheels Battele Force 5 », mais ça parlait d’engins volants de courses qui se transformaient en véhicules de combats.

Partie 2

Encore une fois je dis que certains critiques sur Youtube (du type Fanboys) partent trop en guerre contre tout ce qui est autre que Disney ou Pixar. Comme s’ils voulaient imposer un avis unilatéral. Moi je les nomme les « Calamityboys ». Pour moi il y en a deux en particulier: Calamityboy du royaume de coeur et Calamityboy du canard anthropomorphe.

En revanche d’autres ne se revendiquent pas supérieurs. Je les apprécie particulièrement (Les Isolants, Les Successeurs de Disney, Frigiel, Superbrioche, Bob Lenon, etc).

Pour moi l’intérêt de LaMao c’est que les propos publiés (les miens aussi donc) sont « édulcorés » (pas d’injures, pas d’agressivité!). J’y suis accepté comme je suis.

Signé : le quatrième chevalier de l’Apocachips 😉

Joel

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A propos LaMàO1

« La main à l’oreille » a été créée par des parents et amis de personnes autistes, avec pour objectif de promouvoir une approche qui prenne en compte leur subjectivité et accueille leurs inventions. Nous considérons qu’une place doit être faite, dans la Cité, au mode d’être autistique, sans se référer à une norme sociale ou comportementale. Dans l’éventail de leurs expressions, les autistes nous montrent qu’aucune personne autiste n’est pareille à une autre, comme il en est pour tout un chacun. Ils confirment ainsi que l’autisme, inséparable de la personne, ne la résume pas. Nous souhaitons en témoigner dans notre association.
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