L’autisme et l’art de la rencontre : un livre et deux films à découvrir à Bordeaux

L’autisme et l’art de la rencontre : un livre et deux films à découvrir les 3 et 8 septembre à Bordeaux !

À la rentrée, La main à l’oreille Aquitaine propose deux événements autour de l’importance toute particulière que revêt la rencontre dans l’accompagnement des enfants autistes et différents à l’école et dans leur vie quotidienne.

Le samedi 3 septembre à 11h, rencontre autour du livre « Petit traité d’Antoinologie : L’autisme à l’école » de Marie-Annick Dion, à La Machine à Musique.

Marie-Annick Dion sera l’invitée de La main à l’oreille Aquitaine. Venue spécialement de Rouen, elle nous parlera de son livre qui relate avec humour et humanité son expérience d’auxiliaire de vie scolaire auprès d’Antoine, un enfant autiste pour lequel le statut d’élève n’est pas sans poser problème. Les inventions sur lesquelles elle s’est appuyées pour lui faciliter la vie à l’école sont riches d’enseignement.

Philippe Cousty, psychologue psychanalyste conversera avec Marie-Annick Dion afin d’ouvrir des pistes de réflexion dans l’accompagnement et l’inclusion scolaire des enfants en marge des attentes et des normes scolaires.

Antoinologie« Traité d’Antoinologie. L’autisme à l’école » est en vente à La Machine à Lire à Bordeaux

« Auxiliaire de vie scolaire dans une classe de CM2, Marie-Annick Dion aide un jeune enfant autiste, Antoine, à vivre le mieux possible son rôle d’élève. Témoin de ses embarras infinis, elle décide de lui proposer un autre lieu où elle travaille comme accueillante : l’association Geppetto qui est destinée aux jeunes « en rupture ». A l’écart des attentes d’apprentissages, elle se laisse enseigner par Antoine (…). Elle accompagne Antoine dans ces deux espaces qui, finalement, lui posent autant de problèmes : dans l’espace social ordinaire, elle l’aide à s’adapter aux demandes et dans l’espace thérapeutique, elle l’aide à formuler ses propres demandes, deux postures opposées dont elle fonde l’articulation sur les inventions d’Antoine. Les effets produits suscitent des réflexions et des propositions tout à fait nouvelles pour le suivi des enfants autistes. Par exemple, le « décloisonnement inter-disciplinaire » des interventions professionnelles, la mise en œuvre d’un « partenariat thérapeutique à plusieurs » et la constitution d’une « suppléance » à l’image du corps rendue « transportable » par la continuité d’une même présence, sont des pistes de travail que l’expérience de Marie-Annick Dion nous invite à poursuivre et à discuter. » Philippe Lemercier

Cliquer ici pour lire des extraits du livre

Le jeudi 8 septembre à 20h30, projection des films « Le ciel est bleu parce que la nuit est éteinte » de Violette Aymé et « Ces enfants sur mon chemin » d’Erika Haglund, au cinéma Utopia de Bordeaux.

Ces deux films seront l’occasion d’une discussion autour de ce qui peut surgir de la rencontre avec des enfants au mode d’être particulier pour lesquels entrer dans la demande de l’autre, reste compliqué. Alors qu’Erika Haglund filme des enfants dans leur vie sociale à l’école ou dans des ateliers, Violette Aymé a quant à elle choisi de réaliser  un film sur sa rencontre avec un enfant aux bords du temps scolaire.

La projection sera suivie d’une discussion avec Philippe Lacadée, psychiatre psychanalyste s’entretiendra avec Violette Aymé, David Hurst, producteur (Dublin films) et le public.

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A propos du film « Le ciel est bleu parce que la nuit est éteinte » de Violette Aymé :

« / Il était une fois / C’est en ces termes, que Violette Aymé, la réalisatrice du court métrage « Le ciel est bleu parce que la nuit est éteinte » nous invite à la rencontre de l’enfant Mahé. Ici – pas d’à priori concernant les différents troubles liés à l’autisme, un regard bienveillant et attentif circule sur l’imprévu et la surprise. La lumière fantôme/ convie le spectateur à se laisser enseigner. Le documentaire montre comment l’être peut mettre au point une invention : On va faire semblant d’aller au cinéma / On dirait que c’est un miroir /. Mahé avertit le regardeur de ne pas reculer : / Tu ne devrais pas avoir peur de ton imagination/. L’enfant questionne ce qui peut s’écrire de la rencontre de de l’autre: /J’aime / Je ne l’aime pas /. Le cadrage convoque le regard du spectateur. La voix off désigne un mode de lien au monde, singulier. » Françoise Stark Mornington

« Dans ce film réalisé par Violette se joue l’essentiel de ce qui fait rencontre dans la vie entre une jeune femme décidée et un garçon pris dans une certaine solitude l’isolant dans son monde. C’est ici la mise en jeu du fondement de l’expérience humaine propre à chacun à condition de savoir se faire docile à l’autre et ceci des deux côtés de la dite relation. » Philippe Lacadée

Cliquer ici pour lire d’autres textes sur ce film

A propos du film « Ces enfants sur mon chemin » d’Erika Haglund

« A l’origine du film, il y a ma rencontre, en 2012, avec un groupe d’enfants d’une classe de CLIS* (…). Ce qui me frappe alors c’est à quel point chaque action rencontre des obstacles (tenir une perche, apprendre un texte, mais également descendre un escalier en courant, ou tout simplement rester concentré) et en même temps, les enfants font preuve d’une ténacité incroyable. (…) L’année suivante, je prends ma caméra et viens régulièrement les filmer, en classe, ou dans des activités périscolaires. Je fais le choix, à ce moment-là, d’être à hauteur d’enfant, et de ne filmer ni parents, ni médecins, et au minimum les enseignants. Je ne veux surtout pas qu’on parle à leur place ou qu’on décortique leur comportement. Je filme seule, sans ingénieur du son ni cadreur car je veux préserver le lien que j’ai construit avec eux au fil de l’année scolaire précédente. Ce qui m’intéresse ce sont des scènes dont les enfants sont les acteurs, c’est leur interaction avec le monde mais aussi les uns vis à vis des autres. C’est également la raison pour laquelle je choisis de ne pas les filmer chez eux, mais uniquement dans des lieux de relation sociale (école, atelier de cirque ou cours de voltige). (…) Le film pose des questions, sur la notion de « handicap » notamment, qui est toujours vu comme quelque chose en moins. Ces enfants, Ulysse, Elana, Camille… ont un gros retard scolaire mais ne manquent par ailleurs ni d’esprit, ni d’humour, ni de verve. On peut se poser la question de la norme attendue justement. N’est-ce pas cette attente du « comme les autres » qui les place en situation d’échec ? Et si on décalait un peu notre regard ? » Erika Haglund

Renseignements : lamainaloreille.aquitaine@gmail.com / Alexandra Dauplay-Langlois  : 06 62 05 63 99

* Classe d’inclusion scolaire

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A propos LaMàO1

« La main à l’oreille » a été créée par des parents et amis de personnes autistes, avec pour objectif de promouvoir une approche qui prenne en compte leur subjectivité et accueille leurs inventions. Nous considérons qu’une place doit être faite, dans la Cité, au mode d’être autistique, sans se référer à une norme sociale ou comportementale. Dans l’éventail de leurs expressions, les autistes nous montrent qu’aucune personne autiste n’est pareille à une autre, comme il en est pour tout un chacun. Ils confirment ainsi que l’autisme, inséparable de la personne, ne la résume pas. Nous souhaitons en témoigner dans notre association.
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