Jeudi 22 juin à Paris : deux récits formidables

La Main à l’Oreille, association de parents, amis et personnes autistes, a le plaisir de vous convier à la présentation de deux formidables témoignages des parents de personnes autistes. 

Ces deux ouvrages, celui de Cécile Pivot, et celui de Laurent Demoulin, sont remarquables par leur authenticité et la force de leur positionnement face à leurs enfants. Pleins de poésie et d’une réalité loin de la fascination pour le monde autistique, mais très proche de la difficulté d’exister dans ce lien qui est l’amour d’un parent pour leur enfant si différent. Tous deux, chacun de manière singulière, traitent dans leurs ouvrages de ce que le regard des autres porté sur leur enfant, est venu percuter en eux. Leurs ouvrages sont la manière qu’ils ont eu de traiter leur propre regard sur leur enfant.

Deux ouvrages incontournables pour nous parents de personnes autistes.

Mariana ALBA DE LUNA

Chargée Culturelle de LaMàO

Jeudi 22 juin 2017 à 19 h 30 

115 rue de l’Ourcq
75019 Paris

Tél. : 01 40 05 91 51
Métro Crimée, ligne 7.

https://lalucarnedesecrivains.wordpress.com/2017/06/18/jeudi-22-mai-2017-a-19-h-30-sommes-nous-autistes/

Une soirée avec Laurent Demoulin pour Robinson (Gallimard) et Cécile Pivot pour Comme d’habitude (Calmann-Lévy).
À travers deux récits autobiographiques, Laurent Demoulin et Cécile Pivot nous interpellent sur la vie quotidienne de parents face à leur enfant autiste.

Robinson de Laurent Demoulin :
« Robinson est une île sauvage. Robinson est un monde. Robinson est un Sisyphe heureux. Robinson est un enfant autiste. Son père, universitaire, évoque avec délicatesse et subtilité son expérience de la paternité hors norme, où le quotidien (faire les courses, prendre le bain, se promener) devient une poésie épique. Détonantes scènes décrites dans leur violence et leur scatologie les plus crues : Robinson ne parle pas, ne se contient pas, il s’exprime dans les mêmes gestes faits et refaits, avec cependant la même joie et le même intérêt, s’achevant dans les fèces le plus souvent. Ainsi Robinson est un adepte de Paul Valéry : « Le monde est menacé par deux choses : l’ordre et le désordre ». A cette vie au présent, unique unité de temps comprise par l’enfant, le père répond par une attention de chaque instant et ses soins constants, un humour sans faille et une éponge toujours prête. Avec intelligence et pudeur, ce père nous décrit ces micro-scènes dans une langue précise et maîtrisée, que son fils, privé de parole, ne saura appréhender. Peut-être est-ce là la seule raison d’être de ce texte tissé entre eux : Robinson ne le lira »

Comme d’habitude de Cécile Pivot :
« Antoine est autiste. Elle lui raconte sa petite enfance, quand elle savait que quelque chose n’allait pas mais prêchait dans le désert, parce qu’Antoine était son premier enfant et que ni le corps médical ni sa famille ne prenaient au sérieux sa parole de mère. Jusqu’à ce jour, à la fois terrible et libérateur, où les mots « troubles autistiques » ont été prononcés, enfin, par un médecin. Elle lui raconte, en pleurant parfois, en souriant souvent, son combat, les erreurs, les siennes et celles des autres, enseignants, proches, administration ou soignants. Elle lui raconte les petits drames et les grandes joies, les colères et les fous rires. Elle lui raconte comment elle l’a accompagné de son mieux dans sa vie d’enfant, d’adolescent puis de jeune homme, sans jamais renoncer à vivre, à aimer, à travailler. Ce récit, elle le porte en elle depuis la naissance d’Antoine, prenant des notes, figeant dans l’écriture l’intensité d’instants inoubliables, drôles ou tragiques, rocambolesques ou quotidiens, dont elle savait qu’un jour, elle tirerait ce livre. Ce livre que, probablement, il ne lira jamais. Un livre vibrant d’émotion. »

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A propos LaMàO1

« La main à l’oreille » a été créée par des parents et amis de personnes autistes, avec pour objectif de promouvoir une approche qui prenne en compte leur subjectivité et accueille leurs inventions. Nous considérons qu’une place doit être faite, dans la Cité, au mode d’être autistique, sans se référer à une norme sociale ou comportementale. Dans l’éventail de leurs expressions, les autistes nous montrent qu’aucune personne autiste n’est pareille à une autre, comme il en est pour tout un chacun. Ils confirment ainsi que l’autisme, inséparable de la personne, ne la résume pas. Nous souhaitons en témoigner dans notre association.
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