Actualités

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PROJECTION et DÉBAT du film

D’AUTRES VOIX, UN AUTRE REGARD SUR L’AUTISME

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  • La prochaine projection du film aura lieu à Paris

le vendredi 19 avril à 19h30 au Centre d’Animation Paul Valeyre 

D’autres voix, voir les extraits sur you tube

VO sous-titrée en français

AFFICHE VALEYRE2 png1

La projection sera suivi d’un débat dans lequel interviendrons Ivan Ruiz le réalisateur, Mireille Battut, Présidente de La main à l’oreille, Éric Laurent psychiatre psychanalyste, Albert Mateu, Vilma Coccoz, Gracia Viscasillas et d’autres invités surprises !

Entrée Gratuite sur Réservation : lamainaloreille@gmail.com, 06.87.50.17.59

Centre Paul Valeyre – 24 rue de Rochechouart, 75009 Paris (Métro : Cadet, Notre Dame de Lorette, Poissonnière)

Entretien de François Ansermet lors de la projection le 23 février dernier au Cinéma Saint André des Arts à Paris, réalisé par Juliana Vera (réalisatrice vidéo), Alexandro Manna (photographe) et Marie-Josée Asnoun (psychanalyste).

Voir l’entretien de François Ansermet sur you tube

  • La projection du film D’Autres voix aura lieu à côté de Bordeaux le vendredi 7 juin à 19h30

au Cinéma Jean Eustache à Pessac

7 Rue des Poilus  33600 Pessac (Tramway : Pessac Centre)

Réservation recommandée :

lamainaloreille.aquitaine@gmail.com / 06 51 60 63 83

d'autres voix

ALBERT

 Synopsis 

Albert sait ce que parler veut dire. Il est quelqu’un d’exceptionnel, un héros des mots. Pour autant, si les mots l’entrainent à se perdre dans le labyrinthe du langage, la parole en revanche lui offre une issue pour s’adresser au monde. Albert, le jeune protagoniste du documentaire, « D’autres voix », ainsi que les parents des enfants autistes par leurs témoignages, et les psychanalystes rencontrés par leurs apports, nous permettent de toucher au nœud de l’autisme : un rapport extrême du sujet autiste à la langue, dans lequel la voix est tenue en réserve. C’est par une écoute attentive des détours par lesquels ces sujets accèdent au dire, que l’on peut approcher leur vision radicalement étrange du monde et leurs inventions langagières.

Photo © Alessandro Manna

Photo © Alessandro Manna

La projection du film au cinéma Saint André des arts et le débat qui a suivi ont été organisés par

La Main à l’Oreille, TEAdir-Espagne, ACF-IDF, l’Envers de Paris, Lien Popi, Les psychologues freudiens et autres associations amies

Le film D’autres voix a été diffusé le samedi 23 février dernier à Paris au cinéma Saint André des arts dans une salle comble !  Les témoignages des intervenants qui s’en suivirent mirent à l’œuvre une pratique à plusieurs et furent tous plus touchants les uns que les autres. Ont participé au débat Ivan Ruiz, Mireille Battut, François Ansermet, Jacqueline Berger, Judith Miller, sans compter d’autres intervenants : une place d’honneur a été donnée à un jeune homme autiste asperger prénommé Mathieu ; des parents ont pris la parole ainsi que la sœur du fils du réalisateur Ivan Ruiz ; des professionnels travaillant en institution et d’autres telle que Genevieve Haagg présidente de la CIPPA sont également intervenus pour enrichir les échanges. Un moment fort et inoubliable.

Acoustouflant !

Par Alain Gentes

Ivan Ruiz et sa fille Marina Ruiz - Photo © Alessandro Manna

Ivan Ruiz et sa fille Marina Ruiz – Photo © Alessandro Manna

J’ai vu  le 23 février dernier à Paris, le film « D’Autres voix » un autre regard sur l’autisme, de Ivan Ruiz. Plus qu’un documentaire, il s’agit d’un très beau film qui a enchanté au cinéma St André des Arts un public venu nombreux et pluriel: des parents et des amis de personnes autistes, des personnes autistes elles-mêmes, et toutes sortes de soignants épris de singularité pour l’autre.  Il y avait bien sûr Ivan Ruiz lui-même et sa fille Marina venus de Catalogne, l’association La main à l’oreille et ses trois fées – Judith Miller, Mireille Battut et Mariana Alba de Luna – Chargée Culturelle de LaMàO à qui l’on doit l’organisation de cette projection, Mathieu Lancelot jeune homme de l’association  Asperger Amitié, Jacqueline Berger qui n’est plus à présenter, François Ansermet de Géneve, Geneviève Haag, et bien d’autres encore.

La rue du ciné porte bien son nom à cette occasion: au 12 rue Gît-le-Cœur, le cœur de la vie, de l’humanité a battu, au rythme de l’étoffe de chacun. Les autistes nous l’enseignent: une vie, cela s’invente, avec les moyens du bord, ça ne s’impose pas. Albert Mateu dans le film, Mathieu Lancelot dans le débat en témoignent de façon si personnelle, si « acoustouflante ».

Mireille Battut - Photo © Alessandro Manna

Mireille Battut – Photo © Alessandro Manna

Nous, dans notre prison de la norme, nous avons  » une sale manière  » : celle de vouloir dissoudre leurs différences dans nos savoir-être et nos savoir-faire. Avec zèle et forçage, on « perroquétise » leur vie. Le film, en tango avec le débat, est un plaidoyer pour son envers: construire leur existence, la tresser pour en faire œuvre de vie. Étincelle de construction et inventives stéréotypies n’attendent qu’une chose, qu’on les élève à la dignité d’une autorité pour le sujet en question, que l’autorité advienne à l’auto-rite pour ainsi dire.

François Ansermet - Photo © Alessandro Manna

François Ansermet – Photo © Alessandro Manna

Les voix du film, qui s’entrecroisent dans leur trajectoire, des psychanalystes aux parents et retour, sous la ponctuation d’un jeune qui a son caractère malgré son Asperger, témoignent du trajet des parents, d’un profond désarroi de départ, avec son poids de culpabilité, à une attendrissante assomption de la singularité créatrice de leur enfant. La psychanalyse y est mise en perspective, non comme la cause de ce travail de création -qui reste la propriété du sujet, mais comme d’abord ce qui ne l’empêche pas, donc l’accueille, soit le provoque. La psychanalyse n’a pas l’exclusivité de cette orientation, mais elle en est, dirais-je, une formule 1 !

Elle a cependant, dans le malaise actuel de la civilisation, vocation à faire désirer et faire lier ensemble ceux qui font de la particularité de chacun, la boussole de leur existence et de celles des autres.

Mireille Battut et Mariana Alba de Luna - Photo © Alessandro Manna

Mireille Battut et Mariana Alba de Luna – Photo © Alessandro Manna

Trois questions à Ivan Ruiz :

Interview publiée dans La Lettre Mensuelle N°314 de l’ECF (École de la Cause Freudienne) 

Ivan Ruiz - Photo © Alessandro Manna

Ivan Ruiz – Photo © Alessandro Manna

Armelle Gaydon : Ivan Ruiz, vous êtes auteur et co-réalisateur du film D’Autres voix. Un autre regard sur l’autisme. Comment est né ce film ?

Ivan Ruiz : Le film est né dans un moment très concret lorsqu’il y a trois ans en Espagne et notamment en Catalogne ont surgi des tentatives de refuser la présence de la psychanalyse dans le traitement de l’autisme. Après un forum et des initiatives d’associations de parents et de professionnels pour défendre le discours analytique et ce que la psychanalyse soutient par rapport à l’autisme, j’ai pensé que l’audiovisuel nous permettrait d’aller plus loin que l’exposé, le cas clinique.

AG : Pourquoi, et à partir de quelle place vouliez-vous parler de l’autisme ?

IR : Mon expérience de l’autisme avec la psychanalyse remonte aux premières rencontres faites en stage après mes études de psychologue, au Courtil, un établissement accueillant enfants et adolescents. Puis il y a eu la rencontre avec l’autisme de mon fils, maintenant âgé de sept ans, qui a bouleversé ma vie. J’ai pensé que je pouvais faire un film donnant la voix à des parents, des psychanalystes, mais surtout aux sujets autistes eux-mêmes. Mon intention était de leur donner une visibilité. Ainsi que le titre le manifeste, il y a le regard et la voix, objets clairement en jeu dans l’autisme.

AG : Ivan Ruiz, approcher un reportage sur le réel de l’autisme en étant analysé, cela change quoi ?

IR : Ce film a été une façon de transformer le traumatisme vécu en un objet beau, où la beauté soit présentée. Je voulais que les gens parlent de leur rencontre avec l’autisme. Et pour que cela puisse être entendu par le public, placer un voile qui permette de le recevoir. Je me suis rendu compte après le tournage qu’en fait ce film ne parle pas d’autisme mais de la subjectivité de chacun. Même non concernées par l’autisme, les personnes sortent touchées, émues. Cela a été une rencontre. Et la scène finale avec la danse et la musique montre tout ce qui se passe dans une relation thérapeutique ou non, lorsque la subjectivité est engagée. L’art est partie prenante, ainsi que le désir et l’engagement fondamental de toute l’équipe qui a fait sien ce projet.

D'autres voix - Photo © Alessandro Manna

D’autres voix – Photo © Alessandro Manna

D’autres voix, un documentaire “acoustouflant” sur l’autisme

Par Miquel Bassols (article paru sur le site Lacan Quotidien)

Plus de deux cent personnes se sont rassemblées le 3 Avril dernier au cinéma Verdi à Barcelone à l’occasion de la première du film « Unes altres veus », dirigé par notre collègue Iván Ruiz Acero avec Silvia Cortés Xarrié et la participation de plusieurs parents d’enfants autistes et de psychanalystes européens qui travaillent dans ce champ. Des représentants institutionnels divers y ont assisté. Une longue ovation à la fin de la projection a témoigné de l’impact produit par le film sur les spectateurs disparates réunis pour cet évènement. À l’avenir, le film est destiné à être diffusé et présenté dans des circuits divers et en plusieurs langues.

« Acoustouflant », c’est le mot, un néologisme, qu’Albert, un jeune catalan diagnostiqué Asperger, a trouvé à travers les langues pour qualifier le documentaire. C’est Albert lui-même, dans son témoignage singulier, qui fera la fonction de fil d’Ariane pour suivre les détours, les chemins et leurs impasses, que le documentaire nous propose de suivre pour exposer ce que la psychanalyse d’orientation lacanienne pense et fait aujourd’hui avec les sujets diagnostiqués de « trouble du spectre autistique ». La tâche visant à repérer, sinon à faire surgir, la dimension singulière du sujet qui se cache derrière ce diagnostique de plus en plus ambigu dans la clinique contemporaine pouvait se présenter comme un labyrinthe. Mais il suffit de laisser la place du savoir à ce sujet supposé dans son silence et son langage fermé à l‘entendement des autres pour pouvoir commencer à reprendre le fil qu’il a décidé de couper à un certain moment de son expérience. C’est un fil « acoustique », en effet, où l’objet-voix devient un nœud principal, et c’est à le détordre avec un nouvel usage du langage que les effets se montrent alors « époustouflants » pour le sujet et son entourage. « Acoustouflant » est, donc, un bon nom pour ces autres voix que le documentaire fait résonner et raisonner avec le discours psychanalytique dans un moment où lui tombent dessus les questionnements les plus abjects.

Pour lire la suite de l’article, cliquez sur le lien  Lacan-Quotidien-n°192-Miquel-Bassols

Paroles  autour du film Unes altres veus :

Par Éliane Calvet, psychiatre et psychanalyste au Centre Clos Bénard d’Aubervilliers « Vendredi a eu lieu au Clos Bénard la projection du film Unes altres veus en présence de son réalisateur Ivan Ruiz. Le trajet que nous fait suivre Albert, des tunnels de branchages à son village, est entrecoupé de paroles de parents d’enfants autistes et de psychanalystes. Ce qui frappe c’est la sensibilité et la douceur qui s’y dégage, loin de tout forçage. Avec Albert, les mots sonnent et résonnent. Lors de la discussion qui a suivi la projection, la mère d’un adolescent qui fréquente l’hôpital de jour a pu dire que ce film lui avait donné de l’espoir pour son fils, ce qui est le plus beau compliment qu’on puisse faire à Ivan Ruiz pour son témoignage de parent et de psychanalyste. »

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EXPOSITION SINGULIÈRES RÉSONANCES

expo singulières résonnanvces« VAUT LE DÉTOUR »

Par Judith Miller

L’exposition « Singulières résonances » vaut le détour, selon l’expression consacrée des guides de voyage. Elle est la première initiative de l’association La Main à l’oreille – réalisée avec l’autorisation de tous les auteurs et leurs parents – pour faire savoir à la cité que les adultes et les enfants dits autistes, comme tous les autres, sont porteurs d’une créativité et d’inventions vraiment superbes, si quelqu’un est là pour accueillir les choix qui fondent leurs modes de vie et la singularité du monde de chacun. Cette singularité est issue de leur choix qui est de refuser très précocement de ce qui a été ressenti comme insupportable ; c’est ce que nous savons, jusqu’à preuve du contraire – cette preuve, toujours recherchée par certains, n’a pu être donnée.

Dans cette exposition, nous apprenons que voir accueilli son choix a transformé la vie de chacun des enfants et adolescentsqui ont accepté ici d’exposer leurs créations. En témoignent les brefs commentaires des personnes qui ont travaillé avec eux, dans diversesinstitutions, à partir de leurs préférences et ceux des parents qui ont su soutenir ces trouvailles et s’inventer ainsi un autre lien avec leur enfant. J’ai pu converser avec Enzo, l’un des exposants présents au vernissage de cette exposition samedi à midi, en mangeant quelques chips. Enzo a aujourd’hui « 12 ans 1⁄4 », me précise-t-il, et ne fait plus de photos car son appareil est « cassé » ; elles lui ont donné l’occasion de se mettre à parler. Il a maintenant d’autres intérêts dans la vie, notamment pour les chiffres, les dates, l’histoire que sa mère et sa grand-mère – qui l’accompagnaient au vernissage – cultivent chez lui avec beaucoup de joie. (J’ai appris à mon grand effroi que l’IME qu’il fréquente actuellement a obtenu qu’il soit « médiqué » !)

Une jeune femme, une autre exposante de l’expo, est maintenant photographe professionnelle après avoir été diagnostiquée «autiste Asperger ». Elle se nomme Luna The Moon girl et vit à Dijon. Par ses photos, elle tente d’attraper les reflets autour de l’objet qu’elle choisit et a réussi à faire un métier de son amour des reflets. On peut acheter ses productions sur son site et lire un article sur son œuvre␣␣␣.

Une petite fille, appréciant cette expo comme moi et la visitant avec sa maman, m’a dit les diverses œuvres qu’elle préférait : celles qui sont plus joyeuses par leurs couleurs que le clown « un peu sombre » peint par Tristan de l’Antenne 110, que j’ai, quant à moi, beaucoup aimé.

DSC_0268Gilchristh était là aussi, accompagné par ses nouvelles éducatrices, m’a dit Mireille Battut, présidente de La Main à l’oreille, très touchée « par la présence de ce grand gaillard de 20 ans, impressionnant de douceur, qui réalisait qu’il était devant ses propres œuvres exposées et accueillait les compliments avec une sorte de fierté émue ».

Martín, Marc, Tristan, Nandi, Petros, Omar, Enzo, Patricia, Gilchristh, Luna, Antsa, Yannick et Kévin, nous ont tous laissés enchantés devant tant de beauté !

Cette initiative du bureau de La Main à l’oreille a pu avoir lieu, grâce à l’accueil et la gentillesse des responsables du Centre d’Animation Valeyre de la Mairie de Paris, dans une salle très agréable et lumineuse. Un seul regret – qui est un moteur aussi : la salle s’est avérée un peu petite, m’a dit la commissaire de cette exposition, Mariana Alba de Luna, pour y présenter toutes les œuvres reçues… Elle cherche une salle nouvelle pour une exposition renouvelée et je m’y précipiterai.

Mariana Alba de Luna m’a transmis les brèves et la citation qu’elle a choisie de Jacques Lacan, dont l’enseignement donne son sel à son travail : « Le peintre (…) donne quelque chose en pâture à l’œil, mais il invite celui auquel le tableau est présenté, à déposer, là, son regard, comme on dépose les armes et c’est là l’effet pacifiant, apollinien de la peinture »␣␣␣ Apaisée par « Singulières Résonances », après ce beau voyage parmi ces inventions joyeuses, j’invite ceux qui le peuvent à s’y précipiter avant le 4 novembre !

Je termine par un remerciement à la Mairie du 9e arrondissement de Paris et par un vœu : que les mairies de France ouvrent leurs portes à de telles initiatives.

Exposition « Singulières Résonances »

Centre d’Animation Valeyre de la Mairie de Paris, 24 rue Rochechouart (3e étage), 75009 Paris (métro Cadet) Jusqu’au 4 novembre, de 10h à 18h.

fermé le 1er novembre

Notes

␣ http://www.flickr.com/photos/lunatmg/3118468702/lightbox/

http://www.asperansa.org/lunamoon.html

␣               « La ligne et la lumière », Le Séminaire Livre XI, Paris, Seuil, 1973, p. 93. ***

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