Histoires et brèves à LaMàO Aquitaine


Soirée Projection Expo du vendredi 27 mars 2015Patinère

Quelques photos et témoignages !


Nous avons le plaisir de partager ici quelques photos et témoignages de la soirée organisée par Les ateliers à ciel ouvert et La main à l’oreille Aquitaine autour du film Patinère ou le Totem de la Licorne et Les animations papier de Mahé au Cinéma Jean Eustache de Pessac.

Béatrice Danjoux, Benoît Lagarrigue, Mahé Langlois, Philippe Lacadée, jeune fille de La demi-lune

Béatrice Danjoux, Benoît Lagarrigue, Mahé Langlois, Philippe Lacadée, jeune fille de La demi-lune

« Le film Patinère ou Le totem de la Licorne est issu de la rencontre entre un artiste, Benoît Lagarrigue, et un travail en institution à l’hôpital de jour de La demi-lune. Ce vendredi fut le nouage entre une pratique en institution, un artiste, un film réalisé par l’artiste et les ados, un cinéma, Lamao et les créations de Mahé. » Philippe Lacadée, psychiatre psychanalyste

Violette Aymé

Violette Aymé

 « J’étais très émue (…) de cette soirée ! Je suis très contente d’avoir organisé une soirée pareille, on a là un concept qui me plait énormément, il suffisait de discuter avec les ados de la Demie Lune et Mahé pour avoir envie de recommencer ! » Violette Aymé (cinéma Jean Eustache)

 

« Cette soirée fut précieuse et légère comme les oeuvres de Mahé, j’aime à imaginer qu’elle se poursuivra dans d’autres lieux. » Béatrice Danjoux, éducatrice (La demi-lune)

Les animations papier de Mahé

Les animations papier de Mahé

« C’était assez magique de voir toutes ces générations et cette spontanéité réunies autour de ce film si joyeux et riche de finesses et de vie, et de l’expo qui faisait écho au film dans lieu si accueillant qu’est le Jean Eustache. » Alexandra Dauplay-Langlois, parent (La main à l’oreille Aquitaine)

 

 

Philippe Lacadée, Violette Aymé, Joana Jaurégui

Philippe Lacadée, Violette Aymé, Joana Jaurégui

« Sur grand écran, ce film est encore plus beau, dans tout ce qu’il est et ce qu’il dit, c’est une sacrément belle collaboration ce projet, je ne l’ai pas assez dit! (…) Je suis heureux de savoir que ce projet ait suscité tant d’intérêt. (…) On peut dire que vendredi soir Les ateliers A ciel ouvert et La main à l’oreille ont fait bon ménage. » Benoît Lagarrigue, artiste (Les ateliers à ciel ouvert)

L'expo

L’expo

 

« J’ai eu beaucoup d’échos sur cette soirée dont le mot clé est « moment poétique » qui fait du bien. Il y avait ce soir là comme aurait dit Rimbaud Une alchimie du Verbe qui s’est fait chair là où tout se fait trop cher. » Philippe Lacadée

 

Benoît Lagarrigue, Mahé Langlois, Philippe Lacadée, jeune fille de La demi-lune, Bertrand Vialelle, Julien Borde

Benoît Lagarrigue, Mahé Langlois, Philippe Lacadée, jeune fille de La demi-lune, Bertrand Vialelle, Julien Borde

« Le temps du débat fut unique réalisant le nouage entre un enfant solitaire faisant face au public pour présenter ses oeuvres et les autres personnes ayant participé au film, je crois pour ma part que cela aussi a fait la réussite de la poésie de cette soirée et là on était dans l’improvisation. Ce sera là comme tel Un Moment de Rencontre Unique. » Philippe Lacadée

IMG_0700 Album Paninis

***

Tomayaflo (1)

Par Alain Gentes

Raspoutine, un vieux routard des mers, de la famille des Neptune, nous attend, bien assis sur son mouillage, dans un clapot rieur. Dame Pyla n’est pas très loin, escabeau de sable pour les avides d’horizons aquatiques ou air-bag pour d’autres capturés par sa chaleur de sable.

Raspoutine n’est pas à son habitude ce jour-là. Je le sais, par cet indicible mouvement de sa carène qui exclut l’action banale de la marée, qu’elle soit montante ou descendante. De petits coups secs brutaux sur sa chaîne ravivent le corps mort qui l’accueille. J’en déchiffre chez lui, amusé, un voile d’inquiétude que répercute le mat par les drisses qui l’escaladent.

photo 3[2]Il ne me l’a pas dit, mais je sais bien que ce n’est que par amitié qu’il accepte la foule aussi étrangère qu’étrange que je lui amène. Il accepte, mais pas sans ses conditions qu’il s’empresse d’édicter: port de la brassière obligatoire pour les novices, casquettes et écrans solaires recommandées, chaussures non violentes qui bannissent les talons-aiguilles, et obéissance au chef de bord.

C’est que la voile, il n’est pas inutile de le rappeler, est une pratique de bord hors pair, hors père aussi bien si, de celui-ci, on peut s’en servir. De jouer sur les bords, avec eux, de les animer, entre coque et eau, voile et vent, quille et poussée d’archimède, chair et son, naît une pro-pulsion, et avec elle, finalement un trajet, un destin, de la vie.

Habillez votre voilier. Humez le vent, sa direction. Tenez la barre d’une main, l’écoute de l’autre, ce qui vous oblige de donner votre oreille au vent . Et observez attentivement ce qui se passe. D’abord rien, sinon le faseyement des voiles qui frappe votre âme de la possibilité d’une violence. Tirez alors l’écoute doucement, la voile se borde, le silence naît et le bateau glisse sur l’eau, anéantissant le clapot qui l’emprisonnait. Miracle, mystère et enchantement !

Rien ne se passe donc, tant que n’a pas eu lieu l’accident, l’accident de vie dont parle Amélie Nothomb dans sa Métaphysique des tubes, l’accident ici de tirer sur une corde dyneema qui donne à la voile par l’étirement de ses bords une forme galbée.

Il m’apparaît assez vite qu’un voilier n’est que mécanique de bords à eaux et à vents, et qu’il ne peut alors qu’intéresser notre foule d’explorateurs de bord.

Je ne fus point déçu.

photo 2[1]Permettez-moi, cher Raspout´ – c’est ainsi que je lui parle pour le flatter ou
l’amadouer – de vous présenter cette foule bigarrée d’épars désassortis que je ne connaissais point hier encore. Il y a To, Ma, Ya et Flo. Le malin Raspout´ repère vite mon inconséquence en pointant d’emblée ce qu’il n’y a pas.

  • Question désassortis, tu repasseras, môôn Cher ! C’est de l’unisexe ! Se moque-t-il. Rien que des gars !
  • Il y a Xan et Tin … Répliquè-je, penaud.
  • Mouais…des mères…passons ! Se méfie le désagréable Raspout´, laissant entendre qu’il s’y connaît en coup foireux de son Corto Maltese.

De fait, il est très intrigué par les premiers pas de Tomayaflo sur son bord. Il ne ressent ni envahissement ni absence. C’est amusant, et surprenant. Il cherche quelques mots pour expliquer ce phénomène qui lui échappe. Lui vient que chacun trouve un bord à voisiner de sa chair, de son âme ! Il se plaît, sans trop se l’avouer, à se laisser prendre comme leur bord maternel, minimaliste, dans un esprit winnicottien: être là, sans plus, à leur accorder d’être seul pour trouver-créer quelque chose du monde.

E la Nave va … Au vent de Fellini, au vent de chacun, accroché à un bord d’où sortira peut-être sa bande de Moebius, son ego.

To secoue la barre de Raspout´ , de bâbord à tribord, ou peut-être l’inverse, et retour, à l’affût du résultat obtenu: le louvoyage. Ma, par la poupe du dévoué Raspout´, glisse ses pieds dans l’eau, pour leur récréation, qui perd son accent à recréer les pieds comme île flottante.  

photo 2[2]Ya circule aisément de son poste de marin, guettant l’urgence, comme un sauveteur de la mer, à sa posture d’ado, fashion rebelle. Flo, dont Tin, dans un geste d’amour, a assuré le passage du quai au voilier, s’est laissé glisser à sa poupe dans l’eau tiède du Bassin d’Arcachon, déserté par Eole. Il emporte dans son sillage Ma, Tin et Xan, qui l’ont rejoint jusqu’à ce qu’Éole, par sa colère de brise sur les eaux salées, siffle la fin de récré.

De la silhouette allongée de Xan à la proue de Raspout´, ou de celle, aventurière et sûre de Mar, souffle un vent de sérénité auquel chacun d’entre nous s’accorde, sans craindre les fausses notes. Za, digue de paroles avides de savoirs et de bonne humeur, troue nos bulles savonneuses de silence.

E la nave va … Notre seul point commun, embarqués dans la même galère ! À s’affairer séparément autour de son propre bord, avec possibilité de chocs entre bords, incalculables et créateurs. C’est du Bion, avec ses petits groupes, ou du Lacan, avec son Cartel. Chacun à sa question autour d’un même signifiant ! Le croisement de routes n’existe que si les routes ne se confondent pas.

De l’Un à l’Unité, et retour, restera l’insondable équation humaine, insoluble mais inventive.

–   Alors, cher Raspout´ ?

–   Alors quoi ? Je te sens venir … Tu crois peut-être que … ça m’a plu ? (sourire moqueur)

–   (de mauvaise grâce) eh bien oui, je dois l’avouer ! Quelle différence avec ceux qui croient savoir me piloter ! Avec leurs insipides formules prêt-à-porter qui griffent ma coque qui n’est solide que par la délicatesse liquide qu’on lui apporte…

–   Oh !

–   Te moque pas, s’il te plaît ! Le Sur mesure, il n’y a que ça qui me vaille!

–   Exigeant le monsieur ! ?

–   Je ne suis pas fermé au prêt-à-porter, à la condition de pouvoir le retailler à sa mesure.

photo 5–   Merci, Raspout´ pour cette leçon de singularité. Allons de ce pas ripailler ensemble, avec les légumes qu’un autre Flo a cultivé au Carré Noumène, jardin qu’entretient Do de ses mains amoureuses.

–   Ma solitude serait bien trop encombrante parmi vous. Elle n’est légère que dans son élément aquatique. Bonne soirée.  

(1) sortie voile avec Lamao Aquitaine le 24 août 2014 au Cap ferret.

***

Quelques photos des journée du 2 et 5 avril qui furent riches en rencontres !

Le samedi 5 avril à la librairie Comptines

Accueil à la Librairie Comptines

Accueil à la Librairie Comptines

Rencontres dans la librairie

Rencontres dans la librairie

Dominique Gentes, Marianne Bourineau et Violette Aymé

Dominique Gentes, Marianne Bourineau et Violette Aymé

Discussions à la libraire Comptines

Discussions à la libraire Comptines

Discussions à la librairie

Discussions à la librairie

Ariane Tapinos Directrice de la librairie Comptines

Ariane Tapinos directrice de la librairie Comptines

Tom

Tom

Rencontres à la librairie Comptines

Rencontres à la librairie Comptines

 

 

… et le samedi 2 avril à la Maison écocitoyenne de Bordeaux 

Tous aRtistes à la Maison ecocitoyenne de Bordeaux

Tous aRtistes à la Maison ecocitoyenne de Bordeaux

Tous aRtistes à la Maison écocitoyenne de Bordeaux

Tous aRtistes à la Maison écocitoyenne de Bordeaux

 

 

Rencontres autour de l'exposition Tous aRtistes

Rencontres autour de l’exposition Tous aRtistes

Projections à la Maison écocitoyenne de Bordeaux

Projections à la Maison écocitoyenne de Bordeaux

Discussions avec Alain Gentes

Discussions avec Alain Gentes

Marc Langlois et Mariana Alba de Luna

Marc Langlois et Mariana Alba de Luna

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Quelques photos du pique-nique de Noël 2013 !

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Un café parents dans une institution

Par Myriam Ramière et Alexandra Dauplay-Langlois

Capture d’écran 2013-12-09 à 13.51.03 Pour la troisième fois, des parents de La Main à l’Oreille ont été reçus dans une institution à l’hôpital de jour de La Demi-Lune, afin d’apporter un regard extérieur auprès des parents dont les enfants y sont accueillis. Cette fois-ci et pour la Capture d’écran 2013#5926B9première fois, l’équipe soignante avait invité le psychiatre Philippe Lacadée, à la retraite depuis peu, en tant que membre de LaMàO à animer, ponctuer et soutenir les apports des parents. Myriam Ramière, enseignante et mère d’une jeune homme autiste de 19 ans, représentait également notre association. 

 Réunir les parents pour questionner, se questionner et partager leurs expériences, voilà l’objectif de cette soirée. Une dimension d’une grande portée a pu s’ouvrir dans une ambiance joyeuse. Le témoignage de Myriam Ramière a permis de soutenir et d’alléger les interrogations de certains parents à propos de leurs enfants scolarisés.

 La question s’est tout d’abord posée de savoir s’il est possible d’adresser une demande à ces adolescents différents pour lesquels la demande de l’Autre pose problème, si cette demande peut être le fruit d’une contrainte ou d’une injonction (notamment lorsqu’il s’agit d’apprentissages scolaires ou de socialisation). Plusieurs parents sont intervenus pour souligner que leur enfant leur « apprenait » ce qui était possible pour eux : « elle nous guide » disait une maman en parlant des adaptations en milieu scolaire nécessaires pour sa fille, tandis qu’une autre racontait renoncer à forcer son fils à faire de longues séances de travail scolaire le soir avec elle, devant son refus d’écrire : « je ne sais pas écrire » disait-il tout en utilisant parfaitement le clavier d’ordinateur selon ses besoins.

 La spécificité du travail fait à La Demi-Lune a pu être présentée : adapter l’environnement de l’enfant pour lui proposer un espace où la demande est possible, respecter les rythmes différents de chacun pour mieux accueillir leurs propositions et leurs envies, comme le soulignait un infirmier qui travaille avec eux sur un projet musical.

 Question douloureuse, l’intégration scolaire a également occupé une place importante durant les échanges. Les relations avec l’école, y compris avec les enseignants spécialisés, ont paru révélatrices des difficultés à faire accepter la différence de nos enfants en « milieu ordinaire ». Elles ont été vécues par certains parents comme de lourdes déceptions. Plusieurs parents, dont Myriam Ramière, ont cependant insisté sur le fait que l’intégration des enfants était aussi et surtout faite de rencontres. Elle conclut les échanges sur le fait qu’il faut être vigilant à « ne pas s’enfermer dans le diagnostic d’autisme ou dans l’autisme ».

 A l’issue de cette soirée, les échanges entre parents ont pu permettre de déposer la colère, les doutes, de dire de manière apaisée leur inquiétude pour l’avenir. Les cafés parents mis en place avec La main à l’oreille, qu’ils soient dans les institutions ou à l’extérieur permettent que s’exprime un dire et qu’il soit entendu. Un dire de façon spontanée et sincère sur ce qui occupe au fond les parents d’enfants différents, ceci grâce à l’échange avec d’autres parents comme eux, qui ont pu vivre des expériences proches mais dont les enfants ne sont pas dans l’institution. La présence de notre association de parents, est précieuse dans le sens où « elle peut dynamiser les échanges » et « accompagner les parents par une ponctuation discrète » comme le souligne une maman. 

***

Par Marc Langlois

Nous en avions parlé Alain Gentes et moi cet hiver. Organiser une rencontre entre l’autisme et la mer. Inviter des enfants épris de liberté à prendre le large. Attraper le vent pendant que les parents soufflent. Une journée voile. 

DSC00077Rendez vous pris. Dans le bassin d’Arcachon. Le grand Piquey. 11H30. Vendredi 19 juillet.

Nous avions convenu de deux sessions : la première le matin avec deux premiers enfants. La deuxième l’après midi à 15h30 avec deux autres. Mahé, enfant différent et son petit frère, Zadig embarqueraient les premiers.

Ils arrivent à l’heure convenue.

Préparation du matériel, gonflage du petit zodiac annexe du voilier.

– Mais pourquoi tu gonfles tes pneus ? demande Mahé très intrigué par l’opération. 

On se souviendra que le petit moteur deux temps n’est pas un moteur mais un robot qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler on ne sait quelle aventure de l’espace.

Mise à l’eau de l’annexe. Départ du premier parent avec Alain. Un quart d’heure plus tard les enfants embarquent à leur tour sur le voilier.

1002984_332493216883596_1684062147_nS’asseoir dans le cockpit bien sagement en attendant que le skipper hisse la grand voile. Découvrir des yeux la ligne d’horizon, apprivoiser les vaguelettes contre la coque, s’habituer au gilet de sauvetage griffé du nom du bateau : « Raspoutine ». Comprendre les coins et recoins du voilier (et oui, c’est vrai, on peut même dormir dans un bateau) et puis cet écran magique qui indique en cristaux liquides la profondeur d’eau sous le bateau. Il indique 7.90 mètres. Et là il y a débat.

– C’est quoi ça ?

– Mais enfin, c’est une horloge. Il est 790 heures.

– Non, c’est un instrument pour mesurer la profondeur.

– C’est profond de sept cent quatre vingt dix mètres ? demande Mahé.

– Non, il y a un point entre le sept et le quatre vingt dix ça veut dire que c’est profond de sept mètres quatre vint dix.

– Alors ça fait combien ?

– Presque huit mètres.

– Alors j’ai pied ?

Pendant que nous débattons sur les profondeurs de toutes les mers et de toutes les piscines du monde, là où on a pied et là où on n’a pas pied, et si on peut toucher le fond, et même avec des palmes ? Alain hisse le génois. C’est parti.

Il y a un petit vent qui court par endroit sur le bassin d’Arcachon. Nous croisons quelques oiseaux, quelques voiliers, quelques poissons qui sautent. Des jet ski et des bateaux à moteur. Et puis aussi des gros bateaux. Tout ça fait beaucoup de vagues.

A mesure que nous nous éloignons de la côte, le soleil se montre plus féroce et plus dur. Comme nous l’avait demandé Mahé une semaine avant tandis qu’une amie se plaignait de la chaleur ; Non le soleil ne tape ni ne cogne personne.

Tout à coup, tandis qu’une petite brise se lève, Mahé sonne l’heure de la récréation et plonge ses pieds dans l’eau en s’asseyant sur la jupe du voilier.

– Il est l’heure de la récréation ! C’est la récréation dans l’eau. C’est la récréation des pieds.

Nous passons a deux miles de l’île aux oiseaux, tirons des bords pour revenir car le vent a tourné. Le courant nous déporte. Le vent fini par tomber. Nous repartons au moteur, le vent revient, nous hissons à nouveau le génois et tirons encore des bords et des boutes. A chaque manoeuvre Mahé qui s’est assis à l’avant du bateau, adossé au mât, nous aide à passer le génois. 

Puis il se lève. C’est l’heure de la récréation des pieds. Il s’installe et plonge ses pieds dans l’eau. Il regarde ses pieds dans la transparence de l’eau. 

– Tiens ? un bout d’île !

C’est un pied qui dépasse.

Nous arrivons à notre point de départ. Il est temps de lancer la deuxième session.

C’est au tour de Tom et Tristan. L’un a 11 ans et l’autre a 7 ans. Ils prennent place dans DSC00115les gilets de sauvetage. De la plage où nous les voyons s’éloigner, s’échappe un mouvement d’air, une décontraction. Ce n’est pas le vent qui est complètement tombé, de toutes façons, ni l’air, qui est encore plus lourd et plus irrespirable. Ce sont juste des parents qui respirent et se laissent aller à l’ivresse du rivage. Il se passera deux ou presque trois heures où nous n’aurons à inventer pour la normalité aucune contorsion. Autant dire une éternité. Libre des regards sévères et des remontrances. Il y a trois éclats de rire, deux assoupissements, un verre ou deux et cinq blagues. 

Nous voyons les voiles se hisser, le bateau manœuvrer, virer de bord et se confondre à la ligne d’horizon. Tout autour de nous les gens se baignent, les bateaux sont mis à l’eau, d’autres en ressortent.

 – Et toi, le tiens quand il fait ça, tu fais quoi ?

– Moi je n’irai plus dans les squares. Trop dur.

– Marcher dans les rues de Bordeaux sans trop y penser.

– Oui.

– J’ai du sable sur ma serviette.

DSC00125Le zodiac reparaît. Il s’est passé cinq minutes, il s’est passé deux heures.

– Tom a jeté sa casquette dans l’eau. De colère.

– On a tous fait pareil, ça nous a rafraîchis.

– Tom a rempli la bouteille d’eau de mer.

– Il l’a bu.

– Du coup il a plongé sa tête dans l’eau depuis la jupe du bateau.

Comme quoi, regarder sous les jupes…

Lorsque le bateau a été ancré, les enfants baignés où l’on a pied et où l’on a pas pied, l’annexe dégonflée. 

– Pourquoi il dégonfle ses pneus ?

Lorsque l’on a secoué le sable d’à peu près tout le monde, rangé le matériel, dégaré les voitures, Tom s’est mis au piano. Dans la maison d’Alain et Dominique, entre les bassins asiatiques, les hamacs et les portes ouvertes et les enfants qui courent en faisant des ronds et en jetant des choses. C’est au milieu de gammes improbables et belles qu’Alain nous a préparé le dernier large fait de menthe et de citron, de sucre de canne et de glaçons. Un bord que nous avons tiré tous ensemble à la santé des enfants comme on tire un feu d’artifice.

– Où est Tristan ?

– Avec Mahé.

– Où est Mahé ?

– Dans le hamac, avec Tristan.

– Les mots tordus, voilà un bouquin !

– Il joue bien du piano Tom !

– Tom a pris la barre toute à l’heure sur le bateau.

– Et alors ?

– Il se débrouille super bien à la barre !

– Il manœuvre bien, il barre bien.

– On est bien barrés !

– Les enfants descendez ! Ce n’est pas fait pour ça.

– Santé !

Et nous prenons une photo.

DSC00149

Voilà. C’était un vendredi 19 juillet. Nous nous sommes séparés d’un apéro du soir, d’un concours de vitesse de hamac des enfants et d’une photo d’équipage.

Rendez vous pris pour la suite.

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